THE SNOBS
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Chronique d'Albatross

Entre hardcore, psychédélisme, jazz et concerto bruitiste, The Snobs met un joyeux bazar. C'est en poussant jusqu'aux confins de l'avant-rock que le duo francilien parvient à instaurer un équilibre précaire. Toutes contradictoires soient-elles, les influences incompatibles nourrissent l'univers heurté de Mad Rabbit (voix, samples) et de Duck Feeling (guitares), ce qui ne va pas sans dommages collatéraux. Envolée, l'harmonie. Disparue, la logique du morceau. La mécanique séculaire des couplets et du refrain cède la place à la toute-puissance de la poésie. Les riffs, les motifs et les loops nous reviennent sur la crête des vagues, petits bouchons insubmersibles le long d'une ligne de conduite à la fois sauvage et implacable. La syntaxe immature de la passion l'emporte sur la civilité et la convention - qui va s'en plaindre ? Car le groupe va tirer du capharnaüm sa blue note inédite, par friction, par entropie. C'est ainsi qu'une batterie binaire, une Fender dissonante, un sample de György Ligeti pourront voir quelque chose apparaître. Sommaire, basique, le plus petit dénominateur commun mettra les éléments en résonance. L'alchimie des ingrédients les plus hétérogènes fera le reste. Avec Albatross, septième (!) album depuis 2003, The Snobs passe, haut la main, docteur en désordre.

Marie Daubert