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Chronique de Die Ewigkeit Lieder de Duck Feeling

[...] La ventriloquie bestiale de ses valeureux aïeux (le chant mal assuré de Nico, au début de The Goy, les assauts de perceuse torturés d'Einstürzende Neubauten au milieu de The Oblivion, le jeu caractériel, le groove post-moderne et le bagou de Bowie sur The Temple, jusqu'à s'inspirer des dernières avancées psychédéliques de son propre groupe sur Die Schönheit) assurant l'épine dorsale de sa musique, le chaman Feeling n'a plus qu'à pré-domestiquer les élus qui entendront sa bonne parole et ses bons cris et s'inspireront alors, à souhait, de son constat, de son animalité ou bien de son optimisme, puisqu'il faut bien le dire, "Die Ewigkeit Lieder" n'est pas une oeuvre déprimante mais bien une aventure intellectuelle, un voyage. Après avoir posé les bases de sa doctrine, avoir percé à vif dans la chair de son humanité, laissant libre cours à ses instincts, Duck Feeling ne vous laisse pas en plan. Dès la fin de la première face de l'album, close sur un ultime appel rageur ("Spinal column!"), une seconde phase s'entame qui fait la part des choses, propose, et renoue quelque peu avec les velléités de dandy fanatique d'Oscar Wilde qui sont ancrées en Duck dans Die Schönheit :

     Universe doesn't care about
     your little expectations.
     It renews from itself,
     never wears the same clothes two days running.


Et par le biais d'une musique laissant libre cours à l'imagination, aérienne, qui ne plaque pas l'auditeur contre le sol, ne le martèle pas, Duck relativise, apporte une dimension psychédélique à son message, se fait troubadour (Die Ewigkeit) puis DJ, apportant enfin groove et cool à un parterre d'auditeurs qui, si tout va bien, ne devraient en aucun cas être à l'instant où débute The Temple, prêts à remuer, à danser ("I'm dancing / I'm dancing / I'm trying to feel"), mais qui devront bien s'y plier s'ils veulent pénétrer dans le temple de la création où Duck les invite à s'épanouir : "and we're searching for a new chance of life / and we're trying to sing swan songs / and we're living with one only chord / and we're dying to create the cool". [...]

Joe Gonzalez