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Massive Liquidity
TSD 07 - Bam Balam Records - Septembre 2011






Trois ans après l’excellent album heavy psychédélique Cometary Orbital Drive d’Acid Mothers Temple, le label Bam Balam Records propose aujourd’hui une collaboration inédite mêlant poésie beat et rock expérimental. Steve Dalachinsky, new-yorkais et passionné de jazz, est un homme de mots ; il en choisit les sonorités pour mieux les éclater, les transformer et en faire advenir un sens nouveau. Héritier des modèles de la beat generation tels qu’Allen Ginsberg ou William Burroughs, avec qui il partage notamment l’usage du cut-up, Dalachinsky offre également à ses textes une vie de performance lorsqu’il s’allie avec ses amis musiciens pour des concerts/récitations faisant la part belle à l’improvisation et l’expérimentation sonore des mots.

Cette fois, c’est avec le jeune groupe d’art-rock français The Snobs qu’il prépare un nouveau disque. Fondé par les deux frères Mad Rabbit et Duck Feeling en région parisienne, The Snobs produisent régulièrement des albums en totale autoproduction qu’ils publient gratuitement sur leur site internet depuis 2003. Le dernier en date, Rhythms Of Concrete, est sorti au mois de mars dernier et témoigne de l’influence de l’anti-groove d’On The Corner de Miles Davis mêlé aux expérimentations froides de la trilogie Bowie/Eno. Le projet de collaboration entre les trois artistes naît d’abord de l’envie de Bam Balam Records de présenter la superbe voix grave et profonde de Dalachinsky dans un cadre plus "rock", à la fois libre, expérimental, et détaché de la pure improvisation jazz. Profitant d’un voyage parisien l’hiver dernier, le poète rencontre le duo pour une séance d’enregistrement à l’origine de Massive Liquidity.

Une fois les prises vocales mises en boîte, The Snobs ont pu retravailler le matériau sonore en usant de montages autant sur la musique que sur les textes. À la manière d’un Holger Czuckay ou d’un Teo Macero - respectivement producteurs de Can et de Miles Davis - le duo transforme les structures et leur apportent une cohérence nouvelle. Duck Feeling, multi-instrumentiste du groupe, y joue de la guitare, de la basse, du sitar, de l’orgue électronique, des pédales d’effets, des percussions, tandis que Mad Rabbit, producteur et metteur en son, réarrange le tout pour en déterminer les structures et ne garder que le meilleur. Dans leur démarche expérimentale, ils n’hésitent pas à intégrer l’usage d’un vieux magnétophone, d’une meuleuse, de bidons et de seaux métalliques en guise de textures et percussions, ou bien à inviter Devil Sister pour des interventions de trompette et de xaphoon, à l'irrésistible sonorité orientale.

L'album Massive Liquidity, constitué de deux suites de vingt minutes, propose ainsi un mélange d’influences variées et inédites : à la liberté instrumentale du Miles Davis circa 1969 se heurte la froideur des percussions industrielles héritée d’Einstürzende Neubauten, tandis qu’au-delà des effets psychédéliques naît un groove rigoureux, entre James Brown et Arnold Schönberg. La narration, elle, est créée par la voix de Dalachinsky. Tour à tour conteur, performer ou lanceur de slogan, il n’hésite pas à transcender les mots d’une liberté puissante et émouvante à la fois. Solennel et majestueux sur un texte, il devient animal et sauvage sur un autre, porté par la musique ou, à l’inverse, en total conflit. C’est d’ailleurs au poète que reviennent les derniers mots de l’album, comme un résumé de l’expérience violente et cosmique qu'il procure : "It’s his head now… Pull the trigger".

Bam Balam Records            Discogs